Résumé :
Les Hauts de Hurle-Vent sont des terres balayées par les vents du nord. Une famille y vivait, heureuse, quand un jeune bohémien attira le malheur. Mr. Earnshaw avait adopté et aimé Heathcliff. Mais ses enfants l'ont méprisé. Cachant son amour pour Catherine, la fille de son bienfaiteur, Heathcliff prépare une vengeance diabolique. Il s'approprie la fortune de la famille et réduit les héritiers en esclavage. La malédiction pèsera sur toute la descendance jusqu'au jour où la fille de Catherine aimera à son tour un être misérable et fruste. Ce roman anglais, le plus célèbre du XIXe siècle à nos jours, a été écrit par une jeune fille qui vivait avec ses soeurs au milieu des landes de bruyère. Elle ne connut jamais cette passion violente ni cette haine destructrice. Elle imagina tout, même le fantôme de la femme aimée revenant tourmenter l'orgueilleux qui l'a tuée.
Mon avis :
Les Hauts de Hurle-Vent ou Wuthering Heights est un roman d'une des soeurs Brontë, Emily, qui traite ici des sentiments humains. Elle met l'accent sur l'amour mais aussi la vengeance et la colère. Le lecteur est transporté dès le début du roman dans la famille Earnshaw, faisant connaissance avec les deux enfants Hindley et Catherine. Cette famille accueille un enfant, Heathcliff, car le père en a décidé ainsi alors qu'il n'avait plus de famille. L'arrivée de ce personnage dans cette famille marque ainsi le tournant de l'intrigue.
Mr. Lockwood, nouveau locataire de Heathcliff est le narrateur de ce récit mais apparaissent aussi les propos de la "femme de charge",Nelly, qui lui fait le récit des familles et des Hauts de Hurle-Vent. On voit donc l'histoire passée de la famille à travers les yeux de la narratrice qui en apprend tout autant simultanément à Mr. Lockwood et au lecteur, et le présent grâce à ce nouveau venu.
Emily Brontë a un style particulier. En effet elle décrit les sentiments humains dans ce qu'ils sont de plus sombres, de plus forts : la colère et la vengeance. Mais au centre on trouve cependant l'amour et l'amour-propre. Chaque personnage est impliqué dans l'histoire à sa manière. On est amené à en aimer un puis à le détester, l'excusant ou rejetant la faute sur sa personne. Si chacun avait pris sur lui, si chacun avait su faire un pas pour cesser cette "guerre" il en aurait été tout autrement. Le destin tragique des personnages aurait été modifié alors que les multiples non-dits n'ont fait qu'accentuer la haine de l'autre.
Ce roman est un chef-d'oeuvre de la littérature anglaise, fait qu'on ne peut que confirmer avec la lecture de ce texte. Le plus surprenant est qu'il a été écrit par Emily Brontë, jeune écrivain qui vivait seule avec sa famille en retrait du monde et qu'elle n'avait jamais connu les sentiments qu'elle décrit avec tant de justesse. Il est de plus troublant de s'imaginer à la place d'un personnage ou d'un autre, de se demander ce qu'on aurait fait à sa place tant on peut rejeter les fautes sur l'un ou l'autre.
J'ai cependant un léger bémol : malgré plus de la moitié du roman que j'ai lu très rapidement, j'ai senti quelques longueurs dans le récit amenant des confusions entre les narrateurs, les transitions étant parfois extrêmement subtiles !
Ma note :
9,5/10
D’où vient que nous revenions toujours à Jane Eyre avec le même
attrait ? Avec le sentiment d’y trouver le romanesque porté à un degré de perfection ? Sans doute, le roman offre un concentré de ce que le genre peut offrir : l’histoire d’une formation,
l’affrontement d’un être solitaire avec sa destinée, la passion, la peur, le mystère. Il répond à ce qu’attendait Stevenson de toute fiction digne de ce nom : la lecture en est absorbante et
voluptueuse. Absorbante, son intrigue habilement machinée tient en haleine le lecteur au point que l’éditeur, dit-on, lorsqu’il reçut le manuscrit, ne put en interrompre la lecture. Voluptueuse
aussi, cette « romance » qui noue inextricablement la passion et la peur. On dirait presque que Stevenson pense à Jane Eyre lorsqu’il évoque (dans l’essai consacré à l’art de la fiction) le
souvenir envoûtant d’un livre qu’il a lu dans l’enfance : « il était question, nous dit-il, d’une haute et sombre demeure, la nuit, et de gens montant à tâtons un escalier seulement éclairé par
une lumière venant de la porte ouverte d’une chambre ». Dès sa parution, en 1847, le roman a connu un immense succès. Même la reine Victoria le mentionne plusieurs fois dans ses notes de lectures
L’excès est au coeur de la poétique du roman. Il opère une synthèse entre une forme de réalisme sombre, à la Dickens, le christianisme, son sens du mal, ses grands symboles, et le romantisme,
héritier du courant gothique, cette « exploration littéraire des avenues de la mort » . Le personnage de Rochester est au carrefour de toutes ces influences : figure complexe de Satan, de Don
Juan, de pécheur. La plus grande réussite de Charlotte Brontë est probablement d’avoir tiré d’elle-même, de cette soif qui « apprend l’eau », selon le mot d’Emily Dickinson, cette inoubliable
figure de cavalier sombre, de maître hautain - ce parfait Adam.
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