La chick-lit

Publié le par Mary

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Wikipedia donne cette définition de ce nouveau genre littéraire :

 

La chick lit se caractérise sur le plan thématique : elle raconte l'histoire d'une jeune citadine, âgée d'une vingtaine d'années, souvent blanche, célibataire, branchée, et généralement issue de la classe moyenne. Elle est habituellement aux prises avec un travail harassant ou inintéressant dans le monde des médias (magazine de mode, maison d'édition, émission télévisée etc.). À la recherche de l'homme de sa vie et souvent en désaccord avec sa famille (le plus souvent avec sa mère) ou minée par un besoin compulsif (celui d'acheter des vêtements par exemple) visant à calmer ses anxiétés, l'héroïne est obsédée par l'apparence et a une passion pour faire les magasins. Les aventures sont toujours saupoudrées d'humour et de dérision, spécificités essentielles de la chick lit.

 

Le ton est très spécifique : désinvolte, désabusé, bourré d'humour (noir).

Bien que des éléments romantiques soient souvent présents dans la littérature féminine, ils ne sont généralement pas considérés comme faisant partie intégrante du genre, car les relations de l'héroïne avec sa famille, ses amis sont peut-être aussi importantes que ses relations avec les hommes.

 

 

Au niveau de l'Histoire :

 

Le terme a été introduit par Cris Mazza et Jeffrey DeShell avec ironie pour Chick Lit 2 : No Chick Vics (1996). Le genre a été défini comme une variante post-féministe ou comme une seconde vague de féminisme qui va au-delà de la femme comme victime. Cette fiction englobe les diverses expériences de femmes, y compris l'amour, la drague et l'égalité des sexes.

L'expression « Chick Lit » est analogue à l'expression « Chick Flick » qui désigne, aux États-Unis et dans les pays anglophones, un film destiné à un public féminin et jeune.

La création du genre a été stimulée par Sue Townsend, l'auteur de The Secret Diary of Adrian Mole, Aged 13 ¾, qui a inspiré Confessions of a Sociopathic Social Climber : The Katya Chronicles d'Adele Lang dans le milieu des années 90. Une autre forte influence précoce peut être perçu dans les livres de MC Beaton et d'Hamish MacBeth.

Le livre qui a véritablement lancé le mouvement est paru aux États-Unis en 1996 : il s'agit du livre de Candace Bushnell, Sex and the City, compilation de ses chroniques dans le New York Observer qui donnera naissance à la fameuse série télévisée.

 

En 1997, au Royaume-Uni, Helen Fielding confirme le mouvement avec le célèbre Journal de Bridget Jones. Paru en 2000 en France, il s'en vendra 500 000 exemplaires, quatre millions dans le monde. Adapté au cinéma, il n'a cessé de faire des petits, notamment Lauren Weisberger avec Le diable s'habille en Prada, en 2003, qui sera lui aussi adapté au grand écran.

Depuis 2006, la chick-lit a encore évolué : si les filles de Sex and the City cherchaient le grand amour, les nouvelles héroïnes ont tendance à être plus obnubilées par le pouvoir et l'argent. Les plus représentatifs de cette tendance sont Blonde Attitude de Plum Sykes (bestseller aux États-Unis) et Lipstick Jungle de Candace Bushnell. Les deux auteurs sont journalistes et les milieux qu'elles décrivent, riches, branchés et superficiels, sont ceux dans lesquels elles évoluent. Ces nouvelles héroïnes font penser à des néo Holly Golightly (l'héroïne de Breakfast at Tiffany's de Truman Capote).

Dans tous les cas, un élément est presque toujours présent : le Happy end. Car la chick-lit, petite sœur de la littérature sentimentale, se doit de préserver les contes de fées. C'est pourquoi les intrigues se déroulent souvent dans ces milieux « de rêve » : c'est le syndrome Lady Di. Il est rassurant pour les lectrices de constater que, malgré la richesse et la beauté, les problèmes de cœur sont à toutes les femmes.

 

 

Les enjeux de la chick-lit

 

* un enjeu politique : la visibilité des femmes

 

Les premiers salons, au XVIe siècle, sont tenus par des femmes. Ces contributions des femmes favorisent fortement les créations littéraires. À l'inverse, l'Académie française n'admettra des femmes qu'en 1980 (avec Marguerite Yourcenar), plus de trois siècles après sa création. Les inégalités entre les publications des hommes et celle des femmes est criante : la chick-lit constituerait finalement une stratégie pour que le travail des femmes soit reconnu.

 

* un enjeu économique

 

En 2004, Harlequin a vendu 130 millions d'exemplaires dans le monde, soit 10 % de moins qu'en 2002. Pourtant, le roman sentimental se porte très bien. Pour preuve : la marque vieillissante a lancé une nouvelle collection : Red Dress Ink, référencée dans toutes les librairies.

Les Bridget Jones d'aujourd'hui représentent une force économique importante. Leur pouvoir d'achat et leurs exigences culturelles sont plus élevés que ceux des lecteurs traditionnels de romans d'Harlequin. Les exigences artistiques n'existent pas dans les romans produits à la chaîne (présence exclusive dans les grandes surfaces, récits codés et convenus, destruction des invendus...). Et les auteurs de seconde zone de chick-lit ne font qu'appliquer les recettes. La chick-lit reflète une réalité socio-économique : les femmes sont indépendantes financièrement et ont connu des avancées professionnelles que les hommes n'ont pas toujours suivies.

 

* un enjeu social

 

La quête du grand amour et de l'homme idéal sont des éléments principaux du roman féminin. Et bien que la société d'aujourd'hui ne soit plus celle de Jane Austen, l'amour et le couple s'érigent toujours en modèles. Pour beaucoup, le succès de la chick-lit réside dans sa proximité avec le monde dans lequel nous vivons. Elle reste toutefois ambiguë : si les travers de la société sont bien présents (tension, travail stressant, pression sociale, société de consommation etc.), l'héroïne ne cherche jamais à se rebeller. Elle s'adapte mais ne cherche pas à améliorer le monde. Une explication ? La chick-lit peut être vue comme un produit de consommation superflu. Quel serait son intérêt de se dénoncer elle-même ?

 

Les liens avec la presse

 

Les auteurs de chick-lit sont souvent issues de la presse. Ces journalistes « tendance » traversent les frontières : australiennes (Tyle O'Connell), québécoises (Rafaële Germain) ou françaises (Alix Girod de l'Ain). Cette reconversion s'opère avec plus ou moins de succès : être issue de la presse ne garantit pas la réussite. Candace Bushnell ou Helen Fielding sont les figures de proue de la diversification réussie grâce au roman-feuilleton.

Bridget Jones et Carrie Bradshaw (Sex and the City) sont des héroïnes de roman-feuilleton. Souvent considérés comme des romans populaires voire comme une sous-caste de la littérature, les romans-feuilletons ont souvent été critiqués, parfois avec virulence, notamment par Sainte-Beuve qui parlait de « littérature industrielle » 

   Les questions posées dès l'apparition du roman-feuilleton demeurent et s'élargissent à la chick-lit.

 

* La chick-lit en France

 

Harlequin a réagi dès 2003 en lançant la collection Red Dress Ink. J'ai lu avec Comédie, Belfond avec Mille Comédies, Fleuve noir (Gossip Girl) ou Marabout (Girls in the city) ont eux aussi rapidement suivi. Les éditions Jean-Claude Lattès, sans avoir créé de collection spécifique, suivent également le phénomène en publiant les romans d'Isabel Wolf. Les éditeurs soutiennent ce genre vu son potentiel économique.

Aujourd'hui, les romans de chick-lit sont facilement reconnaissables, quelle que soit la collection, à leur couverture girly rose et flashy.

Le format de ces livres est à mi-chemin entre le livre de poche et le Beau Livre : pratique à emporter et financièrement abordable, le livre reste malgré tout un objet de plaisir.

Alix Girod de l'Ain, journaliste au magazine Elle, signe De l'autre côté du lit en 2004 (adapté au cinéma en 2008 sous le même titre). Sainte-Futile sort en 2006. Les thèmes abordés sont récurrents : amour, mariage, sexe, etc. Ces romans sont parfois perçus comme, au choix, superficiels ou hilarants.


* Critiques

 

Les auteurs français ne semblent pas s'adapter à l'écriture anglo-saxonne. Si certaines parviennent à faire rire, beaucoup sont juste moins mordantes.

Selon les observateurs critiques, la chick-lit prétendrait être représentative de la vie des femmes, de leurs espoirs, de leurs peurs, leurs rêves ou leurs valeurs. Ce qui serait en fait souvent vrai pour une certaine classe sociale. Les histoires passent pour être stéréotypées et sans intérêts. La chick lit avilirait les femmes en profitant de leur naïveté pour gagner de l'argent. Les thèmes seraient peu innovants : recherche du mari idéal, passage de la trentaine, relation avec les parents etc. Sans renouvellement, le risque de saturation serait important.

En France, c'est Isabelle Alexis qui pêche par excès. Elle met en scène des héroïnes plutôt vulgaires qui ne rivalisent pas avec les héroïnes anglo-saxonnes qui parviennent, elles, à faire rire de leurs travers.

Les éditeurs, eux, ne croient pas à une saturation du genre pour le moment. De nombreux romans sont en prise avec la réalité, beaucoup croient d'ailleurs que c'est la clé du succès

 

* Scandale

 

En avril 2006, une étudiante de Harvard, Kaavya Viswanathan, 19 ans, a fait face à un scandale important : de nombreuses parties de son roman, Opal Mehta Got Kissed, Got Wild and Got a Life publié par Little, Brown and Co, s'étaient largement inspiré d'autres livres de chick-lit. Les passages plagiés étaient notamment extraits de Sloppy Firsts et Second Helpings, de Megan Mac Cafferty. D'autres passages ont été aussi copiés des travaux de Salman Rushdie et Meg Cabot.

Kaavya Viswanathan avait reçu une avance significative de 500 000 $ pour son premier livre, avec des projets pour un second. Ses éditeurs ont été si embarrassés que, le 4 mai 2006, ils ont rappelé tous les exemplaires invendus du livre pour les détruire. Le studio de production a laissé tomber son projet de film fondé sur le livre en arrêtant la pré-production

 

* Chapelles commerciales

 

Un renouvellement est en cours pour assurer son avenir. Toutefois, si le cadre de ces chapelles commerciales est large, le succès reste restreint. La ladki-lit est un roman populaire indien. Ainsi, Trust Me de Rajashree ou Piece of Cake de Swati Kaushal peuvent être considérés comme une variété régionale de chick-lit.

Certains critiques ont remarqué un équivalent masculin : la lad-lit (ou dick lit). Parmi ces représentants : Ben Elton, Mike Gayle, Nick Hornby ou Howard Paul. Une particularité importante tout de même : les femmes sont en avance : la lad-lit n'est qu'un calque. La mum-lit décrit les difficultés à concilier carrière et rôle de mère (The Secret Life of a Slumy Mummy de Fiona Neill).

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Sandrine 30/11/2010 17:08



C'est intéressant, je ne connaissais pas du temps ce genre